Le gouvernement veut renforcer le dispositif anticorruption dans la fonction publique. Dans une circulaire datée du 18 août, le Premier ministre Sébastien Lecornu demande aux ministères d’intensifier la prévention, la détection et la sanction des atteintes à la probité dans les administrations et les établissements publics de l’État.
Le crime organisé augmente la pression sur les agents
Selon Le Monde, Matignon estime que l’expansion du crime organisé expose davantage certains agents publics en raison de leur accès à des informations sensibles, à des fichiers ou à des procédures administratives. Le gouvernement évoque notamment des tentatives de pression, d’intimidation ou de récupération d’informations.

Cette préoccupation avait déjà été intégrée au plan national anticorruption 2025-2029, qui demande aux administrations les plus exposées de mettre en place des dispositifs de prévention et de détection fondés sur une analyse précise des risques.
Formation, signalements et données sensibles
La circulaire demande de mieux former les agents, de renforcer la vigilance sur les postes les plus exposés et d’améliorer les dispositifs de signalement interne. La sécurisation des données sensibles fait également partie des priorités.
Le ministère de l’Intérieur a recensé 1 125 infractions d’atteinte à la probité enregistrées par la police et la gendarmerie en 2025, contre 968 en 2024, soit une hausse de 16 % sur un an.
Une politique de sanction plus visible
Le Premier ministre souhaite aussi que les sanctions disciplinaires soient davantage utilisées lorsque les faits sont établis, y compris indépendamment d’éventuelles suites pénales. Les ministères doivent rendre compte des mesures mises en œuvre à l’automne.
Le sujet dépasse donc les seuls cas individuels : l’objectif affiché est de protéger les agents soumis à des pressions tout en empêchant des réseaux criminels d’obtenir des informations ou des facilités depuis l’intérieur de l’administration.




